Altered Carbon

Altered Carbon | La vie éternelle, mais à quel prix ?

Le vendredi 2 février 2018 marqua le lancement de la nouvelle série Netflix, « Altered Carbon ». Cette nouvelle série de Laeta Kalogridis, composée de 10 épisodes, est basée sur le livre du même nom de Richard K. Morgan sorti en 2002.

Pour vous peindre la situation de départ, laissez-moi vous emporter en 2384. Dans une société où les humains voyagent au fin fond de la galaxie, une vie ne suffit plus. Désormais, les pensées et souvenirs des êtres humains sont sauvegardés sur des « stacks », une sorte de disque dur se situant au niveau de la nuque. La mort n’est plus une fatalité, en tout cas pas pour ceux qui peuvent se payer un nouveau « sleeve » – le terme utilisé pour ces corps dont les gens savent se défaire de la même manière qu’un serpent se défait de sa peau, l’état physique n’étant désormais plus définitif ni limité.

Altered Carbon 1

Cette série cyberpunk dystopique pose pas mal de questions existentielles typiques mais d’une manière rarement vue auparavant, et difficilement abordables dans d’autres genres que celui de la science-fiction. Dans ce monde où les corps ne sont plus que temporaires, elle explore ce qui définit une personne. Est-ce son corps, ses souvenirs ? Elle pose la question de l’existence de l’âme, ce qui permet d’incorporer la question de dieux et de religions au débat. Est-ce que l’éternité en vaut le prix ? Pourrait-on encore être considéré comme un être humain si on n’est plus mortel ? N’est-ce pas justement cela qui nous définit ? Et tout s’achète-il vraiment avec de l’argent ?

Bien que Altered Carbon dépeigne une société dystopique, hommes et femmes de cultures différentes vivent aux côtés l’un de l’autre en apparente harmonie. Ils parlent dans leur propre langue mais sont compris par ceux qui les entourent. Mais les riches vivent dans les cieux, tels des dieux, laissant les pauvres croupir dans un monde sale. L’esthétique et l’univers de la série rappellent Blade Runner, mais ne se limite pas à copier l’univers du film culte dont elle s’inspire. Il est normal de voir des similitudes vu leur genre commun, mais Altered Carbon s’approprie le style cyberpunk à sa propre manière.

La série a déjà été critiquée par certains pour son traitement de la femme. Cependant, bien que la série montre la violence faite aux femmes et met en scène plusieurs personnages féminins victimes de cette violence, je ne pense pas que parler de violence est un problème. En 2018, cette violence faite aux femmes n’est plus quelque chose que nous pouvons nous permettre d’ignorer. Les personnages féminins de Altered Carbon sont riches, malgré ce qui leur est fait, et sont bien plus complexes qu’on ne le pense – la plupart des scènes phares du récit ne pourraient d’ailleurs pas exister sans elles. Il y a également la question du white-washing. Le personnage de Takashi Kovacs est asiatique à la base, mais il revient dans le corps d’un homme blanc. La question de différence de race n’est jamais abordée dans la série.

En résumé, Altered Carbon, c’est de belles images, des personnages principaux et secondaires bien développés qui servent tous un but bien précis dans le scénario, et une fin qui ne laisse aucune question en suspens.

Audrey Vandecauter

Altered Carbon 2

 

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