20365809.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Sunset Boulevard

>> Campus du Solbosch ULB / Bât. A / Salle AZ1.101
>> 18h30 / Gratuit !
>> Jeudi, 13/10/2016

Sunset Boulevard de Billy Wilder (1950)

Joe Gillis est un scénariste criblé de dettes qui peine à se faire une place à Hollywood. Il rencontre Norma Desmond, ancienne grande star du muet, vivant, aujourd’hui, recluse dans sa grande demeure de Beverly Hills avec, pour seule compagnie, son majordome, Max Von Meyerling. Obnubilée par son retour fantasmé sur grand écran, Norma engage Joe pour l’aider à travailler sur son scénario. L’ambitieux scénariste sombrera alors au cœur d’une relation ambigüe et malsaine jusqu’à devenir l’amant asservi de Norma.

Si Sunset Boulevard s’est hissé au rang de film mythique, ce n’est pas par hasard. Ce film audacieux pose un regard paradoxalement tendre et acerbe sur le monde du cinéma. On pourrait aisément lui attribuer le statut d’ancêtre du Mulholland Drive de David Lynch. Véritable pépite cinématographique, Sunset Boulevard réussit brillamment le passage des années et reste étonnamment actuel. Tout le génie du film de Billy Wilder réside dans cette alternance entre compassion et cruauté envers un milieu qui devait lui inspirer des sentiments contrastés.

Bien que le film soit extrêmement référencé et méta-réflexif, il reste étonnamment accessible. A l’instar des films de Woody Allen, plusieurs niveaux de lecture dévoilent de nombreuses couches d’interprétations pour révéler une effroyable et éclatante ironie, offrant à Sunset Boulevard un rayonnement particulier.

Le personnage de Norma Desmond inspire l’image d’une caricature étrangement réaliste et contemporaine. Son besoin, presque pathologique, d’exister et son aveuglante vanité nous renvoient inexorablement vers les démons qui hantent notre époque. A l’heure où les frontières entre l’art et la célébrité sont plus que jamais troubles dans l’esprit collectif, Sunset Boulevard nous renvoie en quelques sortes aux origines du mal et nous rappelle, avec intelligence et sensibilité, l’inévitable et désolante fatalité des caractéristiques immuables du microcosme du cinéma.

Matilda Casa