Carrie

Carrie (conférence + drink de clôture)

>> Campus du Solbosch ULB / Bât. U / Salle UA2.220
>> Gratuit / VOSTFR
>> Mardi, 03/05/2016
>> Conférence thématique (Muriel Andrin): 18h00
   "Split Screen" + " Jeunes filles dans le cinéma d'horreur"
>> Projection film : 19h00
>> Drink de clôture offert par Cinéphage après le film

Carrie de Brian De Palma (1976)

Stephen King. Le nom est internationalement connu ; celui d’un auteur extrêmement populaire et fertile qui s’est spécialisé dans l’horreur et le suspense. Ses romans furent l’objet d’innombrables adaptations cinématographiques. Il faut pourtant noter que cette accroche  aurait pu ne jamais offrir au lecteur les précédentes banalités sans le concours de Brian De Palma. Le réalisateur transforma la carrière de Stephen King en adaptant son premier ouvrage avec la version filmique originale de Carrie en 1976. Destiné par ses producteurs aux rangs des séries B rapidement fabriquées et encore plus rapidement oubliées, le film est devenu une sensation à sa sortie avant de s’offrir le statut convoité de film culte aux yeux du public américain et ce encore aujourd’hui.

Pourquoi ? L’histoire est d’une simplicité confondante (et peut-être est-ce déjà une partie de la réponse) : Carrie White, une jeune marginale en fin d’études dans un lycée américain classique de banlieue bourgeoise est élevée par une mère catholique pratiquante extrêmement rigide. Coupée du monde, elle devient la risée de l’école après avoir paniqué lors de ses premières règles (tardives) dans le vestiaire des filles. Alors que les préparations pour le grand Bal de Promo sont en pleine effervescence, Carrie développe d’étranges facultés télékinétiques.

Brian De Palma, auteur de nombreux classiques tels que Scarface (1983), The Untouchables (1987) ou encore Carlito’s Way (1993) pour se limiter à seulement trois films ; transforme ce conte gore en une brillante exploration thématique particulièrement ancrée dans le cinéma américain des années 70 : manipulation, sexualité, tabous, violence et anticonformisme, le tout englobé dans un vrai discours sur la pluri-émancipation. Plus que décorer le film d’horreur avec l’espoir de viser un public cible (les adolescents), De Palma révolutionne le teen movie en offrant au genre la profondeur qui lui manque trop souvent.

Superbement réalisé avec certaines marques de fabriques stylistiques du réalisateur, joué avec conviction ; Carrie, s’il a un peu vieillit, continue de fonctionner tout simplement parce que ses créateurs nous racontent avec brio une histoire efficace aux thèmes encore valides de nos jours (notamment le harcèlement scolaire) et peuplée de personnages charismatiques avant de nous terroriser lors d’un majestueux final qui reste sans aucun doute l’un des moments les plus emblématiques de l’histoire du film d’horreur.

Thomas Van Deursen

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